Maison des pratiques de bien-être et de santé

Publié le 10 Octobre 2010

P1040295.JPG      P1040294.jpg

Un quartier d'Aubervilliers.

C'est une maison implantée là, au coin de la rue. Il y a du sourire chez les jeunes femmes qui nous accueillent. 

Ici les actions de soins, de santé, d'amélioration des conditions de vie se conçoivent ensemble, avec les gens du quartier.

Des jeunes et des familles. Des projets. Des actions. Dans la maison.

Toute la journée les enfants franchissent la porte, avec les 2 euros en poche. Pour le spectacle.

Ils veulent voir. Passer la tête dans l'entrebaillement de la porte. "C'est quoi?, c'est un spectacle de magie?"

Les jeunes femmes qui les accueillent les connaissent tous par leur prénom. C'est évident qu'ici c'est une deuxième maison.

"Yacine, reviens dans 3/4 d'heure, c'est trop tôt pour le spectacle." 10 minutes plus tard, Yacine est là. Avec ses deux euros.

Des enfants.

Beaucoup.

Ils se bousculent pour entrer. La salle n'est pourtant pas petite mais très vite pleine. On rajoute des chaises. Chacha. Bonhomme. Plein à craquer.

Ils réagissent à tout. Commentent tout. S'interpellent. Rient. C'est la fête ici.

Quand on retourne les castelets c'est un flot de questions. Ils refont l'histoire. Le diable. Le rat. Le Phénix. le Roi des bêtes...il faut tout montrer, refaire pour eux les scènes qui leur ont plu. "Vous pouvez rejouer les histoires encore?"

A 16H30 c'est le Poisson. Pour les plus grands et les parents.

Mais les plus grands ils ont 10 ou 11 ans. Et tous les autres veulent revenir.

Des enfants du quartier.

Chercher les 2 euros. S'inscrire sur la liste et ne pas manquer le début.

Mes limites d'âge, ici, ça ne marche pas. Ça ne tient pas la route.

Ici c'est l'envie qui compte. Et ils ont tous envie. Un monde fou. Une foule d'enfants. Ceux qu'on a déjà vu, ceux qu'on ne connait pas, amenés par les copains, copines. Il fait une chaleur terrible dans la salle. Les enfants sont impatients, excités. ils parlent forts, changent de place, se chamaillent "toi t'es trop grand pour être devant, je ne vois rien !"

Il y en a un qui demande à son voisin : "C'est quoi le titre?", l'autre répond "le poisson qui pète!" et immédiatement ça se propage comme une trainée de poudre "le poisson qui pète - le poisson qui pète..."

Non.

Moi il pleure, mon Poisson. Il sait bien qu'il est trop long...il n'a pas l'efficacité immédiate du petit bonhomme ou de la Chachatatutu....

Pas le choix. Ne pas reculer, ne pas décevoir.

Vincent et moi déployons une énergie incroyable. Une énergie concentrée.

Entre marcher sur des oeufs et manipuler de la nitroglycérine. C'est l'impression que ça me fait en tout cas.

Il faut tenir la salle avec l'histoire-trop-longue-aux-mots compliqués.

Nous sommes entièrement branchés sur eux, leurs respirations, leurs rires, leurs marques d'impatience. Nous sommes trempés de sueur. C'est incroyable d'avoir perdu tant d'eau en tenant d'aussi petites silhouettes...

Nous arrivons au bout. Je donne la dernière réplique dans un essoufflement. Je me fais penser à une marathonienne qui vient répondre à une interview juste après la course. Les (quelques rares) adultes rient.

Ce ne fut sans doute pas la meilleure, mais pas la pire non plus. A la rencontre qui suit les questions fusent encore. Ils veulent voir, comprendre, toucher (ah ça oui, ils veulent tous toucher !)

Les enfants viennent nous serrer la main, nous dire au-revoir. Certains regardent le démontage. 

Puis la maison se vide.

Restent les jeunes femmes au sourire accueillant.

 P1040308.JPG  P1040291.JPG

 

                                    P1040307.jpg

Rédigé par alombredicietla.over-blog.com

Repost 0
Commenter cet article